Verner impressionne au Patrimoine, mais le vrai test reste à venir
Source : La Presse
December 26, 2007
Pratiquement inconnue à l'extérieur du Québec au moment de sa nomination à Patrimoine canadien, en août dernier, Josée Verner a réussi à mener paisiblement sa barque, faisant progresser ses dossiers sans pour autant provoquer de tempêtes. À preuve: ni l'opposition ni l'industrie n'ont encore exigé sa tête.
Le véritable test viendra cependant en 2008, qui promet d'être une année mémorable pour la ministre responsable des fêtes du 400e anniversaire de Québec et dont le bureau croule sous les dossiers importants.
L'ancienne conseillère de Robert Bourassa n'a pas chômé depuis son arrivée en poste il y a quatre mois, en remplacement de la mal aimée Bev Oda.
En plus de présider à l'organisation des célébrations qui auront lieu dans la Vieille Capitale à partir du 1er janvier, elle a dévoilé, un mois à peine après sa nomination, un programme de financement pour les festivals petits et grands, fragilisés par la disparition des commandites libérales.
Elle a ensuite participé à la sélection d'un nouveau président du conseil d'administration ainsi que d'un nouveau PDG pour la Société Radio-Canada, qui attend toujours qu'on réévalue son mandat de diffuseur public.
En novembre, elle a lancé avec son collègue Michael Fortier un appel d'offres pour un éventuel Musée du portrait. Ce processus vise à choisir une ville d'accueil pour l'institution que les libéraux voulaient installer dans l'ancienne ambassade américaine, en face du parlement.
Finalement, elle a profité du Congrès de l'Association des radiodiffuseurs en novembre pour annoncer un assouplissement de la règlementation, tout en rassurant les artistes qui craignent la disparition des mesures de promotion du contenu canadien.
Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) est lui aussi ressorti plein d'espoir de cette rencontre annuelle au cours de laquelle il s'est fait promettre, à mots couverts, plus de ressources pour réaliser son mandat.
Pour Ian Morrisson, porte-parole de l'organisme Friends of Canadian Broadcasting, la ministre originaire de la région de Québec s'est montrée «sensible» et «articulée» dans son rôle. «Si on la compare à celle qui l'a précédée, c'est un plus», insiste-t-il.
Elle a bien défendu le milieu de la culture au sein d'un gouvernement plus intéressé par l'économie et obnubilé par l'espoir de conquérir une majorité au parlement, ajoute M. Morrison, dont l'organisme se définit comme le «chien de garde» de la télévision de langue anglaise au Canada.
Josée Verner reconnaît elle-même que sa priorité des derniers mois a été de «rencontrer les artisans, ceux qui travaillent fort, qui sont souvent derrière le rideau, derrière la lumière» et d'établir «un dialogue avec le milieu».
De grandes attentes
Quelques incidents disgracieux ont marqué le début du mandat de Josée Verner. Ces événements - dont la réalisation par son mari de publicités d'un goût douteux sur le 400e de Québec - n'ont cependant fait les manchettes que pendant quelques jours.
Dans l'ensemble, la ministre semble avoir réussi à diriger l'attention sur les gros dossiers qu'elle a pilotés. Plusieurs questions ne sont toutefois pas réglées.
Il suffit de penser à l'avenir de l'industrie de la télévision, qui apparaît plus sombre que jamais comme en témoignent les difficultés financières du réseau québécois TQS.
À cet égard, le CRTC doit tenir à partir de février une audience publique sur le Fonds canadien de télévision, qui finance la production d'émissions dans les deux langues officielles et dont l'existence même est remise en question par certains bailleurs de fonds, dont les câblodistributeurs Vidéotron et Shaw.
Après dix mois de silence, ce dernier a récemment fait paraître dans un journal de la capitale fédérale une annonce pleine page dénonçant l'organisation qu'il qualifie de coûteux «bricolage».
À moins qu'une élection ne vienne bouleverser ses plans, la ministre devra par ailleurs dès son retour des vacances, s'atteler à moderniser la loi canadienne sur le droit d'auteur, dont elle est responsable avec son collègue de l'Industrie Jim Prentice.
La préparation d'un plan d'action pour les langues officielles et le conflit entourant le Programme de contestation judiciaire (PCJ), dont l'abolition a été décriée de toutes parts, nécessiteront aussi son attention.
Relativement nouvelle en politique, Josée Verner aura fort à faire pour mener à bien toutes ces tâches de front. «C'est gros Patrimoine, c'est large la culture», reconnaît-elle. Comme elle l'a dit elle-même, pour éviter les ennuis, le secret c'est de «prendre son gaz égal».
© La Presse
Le véritable test viendra cependant en 2008, qui promet d'être une année mémorable pour la ministre responsable des fêtes du 400e anniversaire de Québec et dont le bureau croule sous les dossiers importants.
L'ancienne conseillère de Robert Bourassa n'a pas chômé depuis son arrivée en poste il y a quatre mois, en remplacement de la mal aimée Bev Oda.
En plus de présider à l'organisation des célébrations qui auront lieu dans la Vieille Capitale à partir du 1er janvier, elle a dévoilé, un mois à peine après sa nomination, un programme de financement pour les festivals petits et grands, fragilisés par la disparition des commandites libérales.
Elle a ensuite participé à la sélection d'un nouveau président du conseil d'administration ainsi que d'un nouveau PDG pour la Société Radio-Canada, qui attend toujours qu'on réévalue son mandat de diffuseur public.
En novembre, elle a lancé avec son collègue Michael Fortier un appel d'offres pour un éventuel Musée du portrait. Ce processus vise à choisir une ville d'accueil pour l'institution que les libéraux voulaient installer dans l'ancienne ambassade américaine, en face du parlement.
Finalement, elle a profité du Congrès de l'Association des radiodiffuseurs en novembre pour annoncer un assouplissement de la règlementation, tout en rassurant les artistes qui craignent la disparition des mesures de promotion du contenu canadien.
Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) est lui aussi ressorti plein d'espoir de cette rencontre annuelle au cours de laquelle il s'est fait promettre, à mots couverts, plus de ressources pour réaliser son mandat.
Pour Ian Morrisson, porte-parole de l'organisme Friends of Canadian Broadcasting, la ministre originaire de la région de Québec s'est montrée «sensible» et «articulée» dans son rôle. «Si on la compare à celle qui l'a précédée, c'est un plus», insiste-t-il.
Elle a bien défendu le milieu de la culture au sein d'un gouvernement plus intéressé par l'économie et obnubilé par l'espoir de conquérir une majorité au parlement, ajoute M. Morrison, dont l'organisme se définit comme le «chien de garde» de la télévision de langue anglaise au Canada.
Josée Verner reconnaît elle-même que sa priorité des derniers mois a été de «rencontrer les artisans, ceux qui travaillent fort, qui sont souvent derrière le rideau, derrière la lumière» et d'établir «un dialogue avec le milieu».
De grandes attentes
Quelques incidents disgracieux ont marqué le début du mandat de Josée Verner. Ces événements - dont la réalisation par son mari de publicités d'un goût douteux sur le 400e de Québec - n'ont cependant fait les manchettes que pendant quelques jours.
Dans l'ensemble, la ministre semble avoir réussi à diriger l'attention sur les gros dossiers qu'elle a pilotés. Plusieurs questions ne sont toutefois pas réglées.
Il suffit de penser à l'avenir de l'industrie de la télévision, qui apparaît plus sombre que jamais comme en témoignent les difficultés financières du réseau québécois TQS.
À cet égard, le CRTC doit tenir à partir de février une audience publique sur le Fonds canadien de télévision, qui finance la production d'émissions dans les deux langues officielles et dont l'existence même est remise en question par certains bailleurs de fonds, dont les câblodistributeurs Vidéotron et Shaw.
Après dix mois de silence, ce dernier a récemment fait paraître dans un journal de la capitale fédérale une annonce pleine page dénonçant l'organisation qu'il qualifie de coûteux «bricolage».
À moins qu'une élection ne vienne bouleverser ses plans, la ministre devra par ailleurs dès son retour des vacances, s'atteler à moderniser la loi canadienne sur le droit d'auteur, dont elle est responsable avec son collègue de l'Industrie Jim Prentice.
La préparation d'un plan d'action pour les langues officielles et le conflit entourant le Programme de contestation judiciaire (PCJ), dont l'abolition a été décriée de toutes parts, nécessiteront aussi son attention.
Relativement nouvelle en politique, Josée Verner aura fort à faire pour mener à bien toutes ces tâches de front. «C'est gros Patrimoine, c'est large la culture», reconnaît-elle. Comme elle l'a dit elle-même, pour éviter les ennuis, le secret c'est de «prendre son gaz égal».
© La Presse

